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Le coefficient de difficulté
L’enquête DUBOIS-BUYSE sur la difficulté
orthographique des 3.724 mors de la liste, d’ARISTIZABAL a permis de classer
tous les mots en 43 groupes ou échelons d’égale difficulté moyenne également
distante de celle des deux échelons voisins.
Le but était de fournir non seulement un classement des mots par degré
de difficulté mais de permettre aussi d’élaborer rapidement des tests d’orthographe usuelle
pour mesurer le niveau de l’acquis des élèves.
Cette première approche statistique du problème
a été complétée par une analyse plus précise des données qui a permis de mettre
en évidence les points critiques des parties du mot pour proposer une
classification en 6 grandes catégories de l’ensemble des erreurs commises. Ce coefficient de difficulté doit être
utilisé avec prudence, il n’a qu’une valeur relative, il ne permet de juger que
l’ensemble des résultats d’une classe, il ne se révèle pas suffisamment précis
pour l’interprétation de cas particuliers.
Ainsi la difficulté d’un mot ne peut être
détachée du contexte dans lequel il s’inscrit : la « gelée » en
hiver n’est pas une « gelée » de groseilles, « boucher »
peut être utilisé comme nom ou verbe, « rose » comme adjectif ou nom,
« cheveu », une forme singulier pour 57 formes pluriel ;
« jolie » plus fréquent que «joli », les infinitifs
« sembler » et « falloir » rares par rapport à « il semble »
et « il faut ». Ne soyons pas surpris que « venir » soit
plus difficile à orthographier que « revenir », « maison »
plus facile que « saison » et « raison », n’en déplaise à
THIMONNIER qui se fonde davantage sur les rapports de structure alors que la
difficulté d’un mot n’est pas simplement fonction de sa complexité. Des facteurs de fréquence, de motivation,
d’affectivité, d’environnement interviennent également dans une mesure dont le
poids est difficile à déterminer. (le mot « crème » est mieux
orthographié dans l’expression « une tarte à la crème » que lors de la
dictée du mot isolé ; s’appeler « Alexandre » ne facilite pas
l’acquisition de rendre, vendre, apprendre, reprendre ; quelle est
la difficulté de la chaussée par rapport à rez-de-chaussée ?)
En définitive, un coefficient de difficulté
n’est qu’un simple référentiel. Même
s’il ne permet qu’un classement approximatif en fonction de l’indice moyen de
difficulté d’un texte, c’est un garde-fou qui évite bien des dérives. Il suffit
de constater l’anarchie qui règne en matière de dictées proposées (le plus souvent,
on ne sait ce qu’on enseigne, on ne présente que peu, rarement ou pas du tout
les mots que l’élève peut et a besoin d’apprendre en priorité).
Pour préciser davantage le degré de difficulté des mots du corpus de
base, j’envisage de ne faire dicter que les mots qui concernent les classes
d’âge du B.O.L., (par exemple, uniquement les 500 premiers mots pour les élèves
de fin niveau 2 c’est-à-dire de 7 à 8 ans).
Cela devrait permettre d’affiner les résultats.
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